La massothérapie 

La multiplicité des types de massages me fait souvent sourire. J’ai voulu écrire un article reprenant les définitions des uns et des autres … sur demande, je tiens l’ébauche de cet article à disposition mais je me suis arrêté tant il est évident que des noms différents recouvrent des pratiques tout à fait similaires.

Bien évidemment, il y a des grands courants mais l’essentiel, pour moi, réside dans la gestion énergétique du massage c’est à dire l’écoute de l’autre et l’adaptation à son besoin du jour. Cette double démarche se fait tant de manière verbale que non verbale.

Se revendiquer d’une école permet de se situer sur l’échiquier, mais tout praticien de massage est comme un musicien devant sa partition. L’école dont il se revendique est comme son instrument de musique … mais la même partition peut avoir de multiples interprétations … c’est les mains du pianiste qui font sa réputation. 

La massothérapie : qu’est-ce que c’est? 

Le toucher est probablement la plus ancienne forme de thérapie naturelle. Certains auteurs affirment qu’il fait partie de nos gènes tant le geste de porter sa main sur une zone sensible et de la frotter est inné chez les humains. Pratiqué en Orient comme en Occident, le massage remonte à la nuit des temps. La massothérapie moderne a simplement perfectionné et raffiné le toucher pour qu’il devienne une approche structurée de prévention, de relaxation et de traitement.

La massothérapie englobe une panoplie de techniques. Malgré des différences de philosophie et de types de manipulations, elles partagent plusieurs points communs. Ainsi, les principaux objectifs de la massothérapie sont de favoriser la détente (musculaire et nerveuse), la circulation sanguine et lymphatique, l’assimilation et la digestion des aliments, l’élimination des toxines, le bon fonctionnement des organes vitaux et l’éveil à une conscience psychocorporelle.

La massothérapie se pratique surtout à l’aide des doigts et des mains, mais aussi avec les pieds, les coudes et même les genoux. Selon la technique utilisée, les manœuvres peuvent être appliquées sur tout le corps ou sur une seule partie. On pourra se consacrer surtout à la peau et aux muscles ou aller plus en profondeur vers les tendons, les ligaments et les fascias ou encore viser des points spécifiques situés le long des méridiens d’acupuncture. Bien qu’on puisse facilement répertorier plus de 100 techniques différentes de massage et de travail corporel, on peut les regrouper en 5 principales catégories.

La tradition européenne de masso-kinésithérapie, basée sur les principes d’anatomie et de physiologie occidentaux et la manipulation des tissus mous, dont le massage suédois, constitue la méthode classique.

La tradition moderne nord-américaine, également basée sur les principes d’anatomie et de physiologie occidentaux, mais qui intègre une dimension psychocorporelle aux concepts traditionnels. En font partie le massage californien, le massage Esalen, le massage néo-reichien et le massage neuromusculaire.

Les techniques posturales, visant à remodeler la structure corporelle par une rééducation de la posture et du mouvement, comme l’intégration posturale, le Rolfing, le Trager et le Hellerwork. Bien que partageant certains points communs avec ces techniques, les approches d'éducation somatique, comme la méthode Feldenkrais et la technique Alexander, ne sont pas considérées comme des formes de massothérapie.

Les techniques orientales, basées entre autres sur les principes de la Médecine traditionnelle chinoise, comme le massage Tui na, l’acupression, le shiatsu, la réflexologie et le Jin Shin Do.

Les thérapies énergétiques, inspirées d’anciennes pratiques de guérison utilisant l’imposition des mains, comme le toucher thérapeutique, le Reiki et la polarité.

 

Les massages sont vieux comme le monde

 

Des textes et des illustrations démontrent que le massage faisait partie de la Médecine traditionnelle chinoise, vieille de 4 000 ans, ainsi que de la médecine ayurvédique de l’Inde. En Occident, la pratique date de l’époque gréco-romaine.

Chez les Grecs, passionnés par la beauté et l’éducation physique, le massage s’inscrivait dans la culture populaire. Il était de coutume, dans les gymnases et les palestres, de faire suivre un bain d’une bonne friction avec des huiles. Hippocrate (460-377 av. J.-C.), le « père » de la médecine occidentale, l’utilisait comme méthode de traitement.

Par contre, chez les Romains, le massage n’avait pas de connotation thérapeutique. Il se pratiquait dans des endroits publics (salles de repos, gymnases, ateliers de massage), mais ils se sont transformés en lieux de débauche, ce qui contribua à la mauvaise réputation du massage.

Ainsi, à partir du Moyen Âge, il fut proscrit par le clergé. On devra attendre la fin de la Renaissance pour que des médecins mettent de côté ces histoires anciennes et réintroduisent la pratique. Ce n’est qu’au XIXe siècle que l’on voit apparaître le mot massage dans le vocabulaire français. Le terme vient du grec massein (en hébreux mashesh et en arabe mass) et signifie presser légèrement, palper, pétrir.

Depuis la découverte de la circulation sanguine par Harvey, au XVIIe siècle, jusqu’à Piorry, qui fut le premier en 1818 à entreprendre des recherches sur les effets du massage, la massothérapie s’est graduellement intégrée dans les soins de santé.

À partir des années 1960, après quelques décennies de domination de la technologie et de la pharmacologie en médecine moderne, on a assisté à une renaissance d’une médecine plus holistique, comprenant les techniques de massage et de travail corporel.

L'encadrement de la formation en massothérapie varie considérablement d'un pays à l'autre. En général, ce sont les associations professionnelles qui veillent à ce que les normes de qualité soient respectées tant pour la formation que pour la pratique.

 

Applications thérapeutiques de la massothérapie

 

La massothérapie convient à la plupart des gens, des tout-petits aux personnes âgées. Ses effets, qui peuvent être apaisants ou énergisants, pourraient diminuer l'excitabilité nerveuse, soulager les affections causées par le stress (dont les maux de dos, migraine, l’épuisement et l’insomnie), accroître la circulation sanguine et lymphatique et entraîner un état de bien-être général.

Plusieurs essais cliniques rendent compte des multiples applications thérapeutiques de la massothérapie. Cependant, la recherche scientifique visant à confirmer l'efficacité des interventions de massothérapie se heurte à un problème technique de taille. En effet, il est très difficile de concevoir des protocoles d'essai avec placebo et double insu, ce qui nuit à l'obtention de données qui permettraient de tirer des conclusions fermes quant à l'efficacité du massage.

Malgré ces limitations, l'état actuel de la recherche scientifique indique que la massothérapie peut être utile, sur le plan clinique, pour plusieurs applications thérapeutiques.

Diminuer l'anxiété. Les effets bénéfiques du massage pour soulager l’anxiété ont été constatés lors de nombreux essais cliniques, méta-analyses et revues systématiques. Ces études concernent souvent des problèmes de santé précis où l’anxiété fait partie des symptômes associés. Plusieurs évaluent aussi les propriétés relaxantes du massage devant des situations et des événements pouvant provoquer de l’anxiété dans la vie courante.

De plus, les bénéfices rapportés quant au trait anxieux (trait de personnalité relativement stable prédisposant certains individus à vivre de l’anxiété plus fréquemment et intensément) démontrent une très bonne efficacité.

En 2008, dans le cadre d’un projet pilote, 32 jeunes patients psychiatriques - en phase aiguë lors de leur hospitalisation - ont reçu des massages. Les chercheurs ont observé une réduction significative de l’anxiété et de l’hostilité des patients après chacune des séances de massage.

En 2010, une revue systématique incluant 21 études a évalué l’efficacité du massage pour réduire le stress physique et psychologique des personnes âgées (moyenne de 76 ans). Les auteurs concluent que des séances de massage doux réalisé au dos ou aux mains engendrent des niveaux plus élevés de relaxation. Et surtout, selon eux, ces séances viennent combler le manque de toucher affectif que vivent très souvent les personnes âgées.

En 2009, une étude pilote a évalué l’utilité de séances de massothérapie pour diminuer l’anxiété d’enfants traités en chimiothérapie et de leurs parents. Pendant 2 semaines à raison de 4 fois par semaine, parents et enfants ont soit reçu des massages, soit été placés dans une salle calme et reposante. La massothérapie s’est avérée plus efficace que le repos pour réduire la fréquence cardiaque des enfants ainsi que l’anxiété des enfants et celle des parents.

Au cours d’un essai clinique aléatoire, les chercheurs ont constaté que la massothérapie avait grandement amélioré l’humeur des femmes s’occupant de leurs conjoints atteints de cancer, en plus de réduire considérablement le stress perçu.

En 2010, une méta-analyse a répertorié 17 études regroupant 786 participants dépressifs, de différentes populations et tous atteints de niveaux différents de dépression. Malgré certaines déficiences méthodologiques observées dans quelques-unes des études, les résultats montrent que la massothérapie est significativement associée à une diminution des symptômes de dépression.

Toutefois, même si la littérature scientifique a fait état de modifications biochimiques occasionnées par la massothérapie (baisse de cortisol et augmentation de la sérotonine et de la dopamine), elle ne devrait pas être considérée comme un traitement en soi, mais comme un complément aux traitements usuels.

Contribuer à soulager les douleurs lombaires. Il existe plusieurs synthèses et revues systématiques évaluant les études réalisées depuis plus de 20 ans sur les effets thérapeutiques du massage dans le traitement des douleurs lombaires. Elles concluent que les massages pourraient être profitables pour les patients qui ont des douleurs lombaires non spécifiques aiguës ou chroniques.

Contribuer à soulager les douleurs au cou. En 2007, les auteurs d’une revue systématique concluaient qu’il était impossible de recommander la massothérapie pour les douleurs cervicales, en particulier à cause des nombreuses lacunes méthodologiques des études. Par contre, une étude plus récente laisse présager que la massothérapie pourrait être utile pour soulager à court terme les personnes atteintes de douleurs cervicales chroniques.

Mentionnons que, selon les résultats d’un sondage, il semble que les patients souffrant de fibromyalgie soient généralement satisfaits des traitements de massothérapie. Cela serait particulièrement vrai si le massothérapeute est conscient des douleurs diffuses du patient et qu’il effectue le massage avec une intensité progressive.

Contribuer au traitement du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Quelques essais ont tenté de montrer les bénéfices que pouvait apporter la massothérapie pour traiter le TDAH. Il semble que certains effets positifs aient été obtenus, comme une baisse du degré d’hyperactivité et une augmentation du temps passé à la tâche, une amélioration de l’humeur, du comportement en classe et du sentiment de bien-être. La massothérapie pourrait aussi avoir un effet contre les problèmes de comportement comme l’agressivité chez de jeunes enfants fréquentant un milieu préscolaire.

 

Contre-indications

 

Bien que le massage soit généralement considéré comme tout à fait sécuritaire pour la plupart des individus, il existe certaines contre-indications. Par exemple, il est contre-indiqué en cas de fièvre. Il est aussi fortement déconseillé de pratiquer le massage sur le site d’une infection, d’une plaie récente ou en phase de guérison, d’une inflammation aiguë ou d’une ecchymose. En ce qui concerne le travail corporel en profondeur, il va beaucoup plus loin qu'un massage de relaxation et peut avoir des effets déstabilisants chez des personnes fragiles sur le plan émotif. Les massothérapeutes doivent alors posséder une formation adéquate en relation d'aide.

De plus, puisque le massage augmente la pression artérielle et abaisse le rythme cardiaque, il doit être précédé et suivi d’une évaluation de ces paramètres quand il est effectué sur des patients sensibles à ces modifications. En cas de troubles circulatoires (phlébite, thrombose, varices), cardiaques (artériosclérose, hypertension, etc.) et de diabète, il convient d'obtenir un avis médical.

 

http://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=massotherapie_th